Morgane Barat

La peinture du sensible

Dans ses toiles, qu’elles soient de petits ou de grands formats, le travail de la matière subordonné à la technique (lavis ou matière) est développé de manière à donner une vraie présence à la peinture. Cette dernière peut être étalée en larges champs quasi monochromes qui saturent la toile ou laissée telle quelle sur certaines parties formant quelques amas colorés. Il en résulte un espace abstrait profond et lumineux dans lequel la spatialité renvoie une grande liberté visuelle. Face aux grands formats, le spectateur est convié à reculer pour contempler un espace pictural où le regard s’enfonce et plonge, ou bien s’accroche et se heurte à quelques bribes de matière laissée telle quelle. Alors que face aux petits formats – similaires à de petites sculptures peintes, sortes de petits objets captivants – l’âme curieuse se rapproche au maximum afin d’intercepter la matière et les touches colorées de luminosité. Dans les deux cas, une grande intimité se créer entre l’œuvre et le spectateur qui est d’une façon ou d’une autre happé par l’espace pictural et son intensité lumineuse.

La peinture de Charly est une peinture de l’expression, du sensible où l’artiste projette sur la toile ses sentiments, ses états d’âme en effectuent une véritable mise à nue. Mais si ces peintures infinies traduisent le sentiment de l’existence de l’artiste elles sont aussi un refuge pour le spectateur, un moyen de se défaire du monde réel et de mettre en pause sa vie un instant pour laisser se manifester l’émotion.

Morgane Barat (Février 2010)